Les résultats semestriels publiés par JENSEN-GROUP confirment une activité toujours soutenue dans la blanchisserie industrielle. Mais derrière une croissance de plus de 20 % du chiffre d’affaires, ils révèlent surtout un marché en pleine évolution. Les projets restent nombreux, les investissements se poursuivent, mais les décisions se prennent plus lentement et les attentes des exploitants évoluent.
Avec un chiffre d’affaires en hausse de 20,2 % sur le premier semestre 2026, à 316,2 millions d’euros, et des prises de commandes atteignant 279,2 millions d’euros, JENSEN-GROUP signe un semestre particulièrement solide. Le résultat opérationnel (EBIT) progresse lui aussi, de 10,3 %, à 39,1 millions d’euros. Une progression toutefois moins rapide que celle de l’activité : la marge opérationnelle s’établit à 12,38 %, contre 13,49 % un an plus tôt. Un élément à mettre en perspective avec un environnement que le groupe décrit lui-même comme plus incertain et concurrentiel. D’ailleurs, limiter cette publication à une succession de chiffres serait passer à côté de l’essentiel.
Des investissements qui ne faiblissent pas
Premier enseignement : les investissements ne se sont pas arrêtés. Les industriels de la blanchisserie continuent de moderniser leurs outils de production et les grands projets restent nombreux. Les résultats publiés par le constructeur en sont une nouvelle illustration.
Dans un message publié à l’occasion de ces résultats, Jesper Jensen, CEO du groupe, met d’ailleurs l’accent sur l’amélioration de la productivité des blanchisseries, l’automatisation des process et la construction d’unités « prêtes pour l’avenir ». Un positionnement qui reflète les profondes transformations engagées par la profession.
…mais des décisions d’investissement plus longues
Le communiqué laisse toutefois apparaître un signal plus nuancé. Si le carnet de commandes reste élevé sur l’ensemble du semestre, JENSEN-GROUP souligne également que les prises de commandes du deuxième trimestre sont inférieures à celles enregistrées un an plus tôt et adopte un discours prudent pour la seconde moitié de l’année. Le groupe évoque notamment les incertitudes géopolitiques, les tensions commerciales et leurs conséquences possibles sur les décisions d’investissement.
Cette prudence fait écho à une réalité observée sur le terrain. Les échanges menés ces dernières semaines par la rédaction de BEST I Blanchisserie & Services Textiles avec plusieurs acteurs de la filière convergent vers le même constat : les appels d’offres restent nombreux, mais les cycles de décision s’allongent et la concurrence s’intensifie. Si le prix demeure un critère déterminant, les attentes des exploitants portent désormais tout autant sur la qualité de l’accompagnement, la capacité à piloter un projet de transformation et l’efficacité du service après-vente.
L’accompagnement devient un véritable facteur de différenciation
Les exploitants attendent désormais de leurs fournisseurs un accompagnement global : réflexion sur l’organisation de la blanchisserie, optimisation des flux, intégration de l’automatisation, qualité de la mise en service, disponibilité des équipes techniques et réactivité du service après-vente. Autrement dit, la performance des équipements ne suffit plus à elle seule à faire la différence. La capacité des constructeurs à conseiller, accompagner et rester présents dans la durée devient désormais un véritable avantage concurrentiel.
Une stratégie tournée vers le long terme
Cette évolution se retrouve d’ailleurs dans les priorités affichées par Jensen. Le groupe poursuit le développement de ses capacités industrielles aux États-Unis, accélère ses investissements dans l’intelligence artificielle et la robotique et entend accroître la part de ses revenus récurrents, notamment autour de son activité MAXI-PRESS Elastomertechnik GmbH. Ces orientations illustrent sa stratégie : poursuivre ses investissements dans les capacités de production, l’automatisation et les services afin d’accompagner les transformations à l’œuvre dans les blanchisseries industrielles. Les chiffres publiés par Jensen racontent finalement une histoire plus nuancée qu’il n’y paraît. Ils confirment une réalité observée depuis plusieurs mois sur le terrain : le marché de la blanchisserie industrielle reste dynamique, mais il gagne en maturité. Les investissements se poursuivent, tandis que les décisions se prennent avec davantage de méthode, de comparaison et d’exigence. Dans ce contexte, les fournisseurs ne sont plus seulement attendus sur la performance de leurs équipements, mais aussi sur leur capacité à conseiller, accompagner et construire une relation durable avec leurs clients.